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Frise chronologique
1775-1779
Construction de la graduation
Construction de la graduation
1775-1779 (≈ 1777)
Édifiée avec la saline royale sous Ledoux.
1895
Fermeture de la saline
Fermeture de la saline
1895 (≈ 1895)
Arrêt définitif de l’activité.
1920
Destruction partielle
Destruction partielle
1920 (≈ 1920)
Seuls subsistent vestiges hydrauliques et logement.
8 octobre 1991
Inscription aux monuments historiques
Inscription aux monuments historiques
8 octobre 1991 (≈ 1991)
Protection des vestiges restants.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Bâtiment de la Graduation : sol, y compris les vestiges et substructures qu'il contient ; canal, y compris les restes de l'encagement des roues de la pompe ; ancienne maison du charpentier : façades et toiture (cad. C 227, 639, 640, 804, 805, 849 ; ZL 27, 28, 68, 69 ; ZN 35, 36, 40, 41) : inscription par arrêté du 8 octobre 1991
Personnages clés
| Claude-Nicolas Ledoux - Architecte et inspecteur des Salines |
Concepteur de la saline et de la graduation. |
| Charpentier (anonyme) - Responsable de l’entretien |
Logé sur place pour maintenir la structure. |
Origine et histoire
La graduation de la Saline d'Arc-et-Senans fut construite entre 1775 et 1779, en même temps que la saline royale, sous la direction de l'architecte Claude-Nicolas Ledoux. Elle était située à l’extrémité du saumoduc reliant Salins-les-Bains à Arc-et-Senans, sur une distance de 21 km. Son rôle était d’augmenter la concentration en sel de la saumure avant son passage dans les poêles d’évaporation de la saline. Le procédé reposait sur une structure en bois de 496 mètres de long et 7 mètres de haut, où l’eau salée, distribuée par un tuyau percé, s’égouttait sur des fagots d’épines pour favoriser l’évaporation naturelle sous l’effet du vent.
Le bâtiment de graduation fonctionnait grâce à un système hydraulique complexe : un canal de dérivation actionnait une roue à aubes, qui alimentait une pompe pour élever la saumure. Après plusieurs cycles d’évaporation, la saumure, portée à une salinité d’environ 24 degrés, était collectée dans un bassin de 900 m3 avant d’être envoyée vers la saline. Ce dispositif, innovant pour l’époque, permettait d’optimiser la production de sel en concentrant la saumure avant son traitement final.
À la fermeture de la saline en 1895, le bâtiment de graduation fut presque entièrement détruit en 1920, à l’exception des aménagements hydrauliques et du logement du charpentier, chargé de son entretien. Ces vestiges, incluant le canal, les restes des roues de pompe et la maison du charpentier (façades et toiture), furent inscrits aux monuments historiques le 8 octobre 1991. Ils témoignent aujourd’hui de l’ingéniosité technique déployée dans l’industrie salifère du XVIIIe siècle.
La graduation était située sur l’actuelle rue des Graduations à Arc-et-Senans, le long d’une route rectiligne menant de la Loue à la saline royale. Ce site, conçu par Ledoux, s’inscrivait dans un projet architectural et industriel ambitieux, visant à moderniser la production de sel en Franche-Comté. Les vestiges conservés offrent un aperçu rare des techniques de concentration de la saumure, aujourd’hui disparues.
Le procédé de graduation, bien que spécifique à Arc-et-Senans, s’inspirait de techniques européennes utilisées dans d’autres bassins salifères. La structure en bois, aujourd’hui disparue, était une prouesse technique pour l’époque, combinant mécanique hydraulique et ventilation naturelle. Son fonctionnement reposait sur une main-d’œuvre spécialisée, comme le charpentier logé sur place, dont le rôle était crucial pour maintenir l’installation.